L’HOMME ET LA SOURIS

Ce texte est ma participation à l’atelier d’écriture n°294 du 12 février 2018 sur Bric à Book

 

Ah, on leur doit une fière chandelle à nos souris !

Peu importe qu’on les aime ou qu’elles nous révulsent, qu’elles soient grises ou qu’elles soient blanches : l’important est qu’elles nous soient utiles.  Puisqu’elles sont génétiquement proches de l’homme, celui-ci ne s’est pas privé pour multiplier sur elles les expérimentations de tout genre.

Bien sûr  ce constat demande modération, car avouer une ressemblance entre l’homme et la petite bête à poil revient à rabaisser la race humaine au niveau de la race animale.

Alors l’homme a pensé à tout. Pour se différencier définitivement du petit rongeur – et pour se dédouaner des souffrances qu’il lui fait subir – il a un argument imparable et sans appel, une spécificité qui le distingue de tout autre être vivant : l’âme ou plus précisément l’esprit.

Ainsi, si notre petit cobaye a des ressemblances physiques avec l’homme, il n’en a pas l’intériorité. La distinction corps / esprit étant ainsi faite, l’homme peut légitimer ses actes. Toutes les pratiques sont alors permises d’autant qu’elles ont vocation à améliorer la qualité de vie de l’être humain en permettant le développement de traitement médicaux.

Mais c’est horrible ! Me direz-vous et vous aurez raison, pourtant…

Les choses changent et si l’homme a pendant des décennies réalisé sans vergogne ses multiples expériences, il a fini par comprendre qu’il ne pouvait s’affranchir de sa responsabilité. Des solutions existent  et les progrès de la science – résultats justement de nombreuses expériences – permettent aujourd’hui de voir la condition de notre petit mammifère sous un jour meilleur. Des solutions dites « alternatives » commencent à émerger -culture de cellules, utilisation de modèles informatiques donnant une vision de la réaction d’un organe-  et devraient contribuer à faire moins souvent appel à « nos amies les bêtes ».

Une nouvelle question me taraude pourtant…Et si les cellules de culture avaient une âme ?

© Jos Gonçalves le 12 février 2018


 

29 réflexions sur “L’HOMME ET LA SOURIS

    • Josplume 13 février 2018 / 13 h 25 min

      Je sais que l’atelier compte beaucoup de profs…je n’allais donc pas me risquer à traiter la photo sous cet angle ;).
      Janickmm a eu la même idée d’ailleurs ! Merci de ton passage Gambadou.

      J’aime

    • Josplume 13 février 2018 / 13 h 28 min

      Pour tout dire, cette photo m’a posée un ptit problème d’inspiration… Le titre des livres m’a permis cette pirouette ! Merci de ta visite L’atelier sous les feuilles.

      Aimé par 1 personne

  1. Leiloona 12 février 2018 / 10 h 12 min

    Eh oui …
    Finalement, ce que je retiens, c’est que l’homme (l’être vivant, pas le genre) impose toujours une certaine domination sur l’autre. Du petite à l’infiniment petit.Il n’y a que l’échelle qui change …

    Un texte tout en réflexion, ce matin. 🙂 C’est bien de te lire différemment aussi ! 😉

    Aimé par 1 personne

    • Josplume 13 février 2018 / 13 h 30 min

      Merci Leiloona. J’ai tenté de suivre les « consignes » que tu nous a données cette semaine et de changer un peu de style… Contente et soulagée que cela te plaise ! 😉

      J’aime

  2. Marie Kléber 12 février 2018 / 10 h 34 min

    L’homme pense qu’il peut tout se permettre. Malheureusement.
    Ce texte est une bonne surprise et nous invite à la réflexion. Merci

    Aimé par 1 personne

    • Josplume 13 février 2018 / 13 h 32 min

      Oui, à défaut d’apporter une solution au problème, il soulève quelques questions… Merci Marie !

      Aimé par 1 personne

  3. Nady 12 février 2018 / 13 h 11 min

    Je te retrouve parfaitement dans le fond sur les étapes de documentation que tu fais avant l’écriture. Là cette semaine tu nous offres la possibilité de faire cette recherche dans nos esprits avec une question très intéressante philosophiquement parlant et ta question finale m’interpelle énormément. J’y réfléchis, je creuse, on en discute à l’occas si tu le veux bien. Belle semaine Jos

    Aimé par 1 personne

    • Josplume 13 février 2018 / 13 h 33 min

      On en parle, oui sans problème et avec plaisir à notre prochaine rencontre ! A bientôt Nady et merci pour ton commentaire !

      J’aime

  4. Claude 12 février 2018 / 15 h 16 min

    Très intéressant. Un excellent sujet de réflexion et discussion. Première chose :âme ou esprit ?Et pui, la souffrance touche t-elle autant le mignon panda que l’affreux moustique ? Une fleur a t-elle mal quand on la coup ou quand on la foule ? Un dîner( au pire végétarien) s’impose pour en débattre…

    Aimé par 1 personne

    • Josplume 13 février 2018 / 13 h 36 min

      Oui, ce sujet ouvre sur un grand nombre de questions auxquelles bien sur chacun aura ses propres réponses : celles qui le dérangeront le moins je pense 😉
      Hâte de connaitre les tiennes lors d’un dîner…pas forcément végétarien 😉
      A bientôt Claude et merci de ta visite !

      J’aime

  5. Albertine 12 février 2018 / 17 h 23 min

    J’aime beaucoup l’interrogation finale. C’est une question universelle et intemporelle. Où se niche l’âme ?

    Aimé par 1 personne

    • Josplume 13 février 2018 / 13 h 37 min

      Tout à fait cela : question universelle et intemporelle…à laquelle il parait vraiment difficile de répondre ! Merci Albertine d’être passée me lire !

      J’aime

  6. Antigone 12 février 2018 / 18 h 48 min

    Oui, ce serait embêtant quand même… Terrible d’y penser. 😉 Bravo pour ton texte et d’avoir choisi de parler des souris.

    Aimé par 1 personne

    • Josplume 13 février 2018 / 13 h 40 min

      Le temps que l’on ait la réponse, l’homme aura peut-être trouvé d’autres moyens de recherche 😉 Merci Antigone !

      J’aime

  7. Valérie 13 février 2018 / 15 h 18 min

    Un texte plein de réflexions et qui soulève plusieurs interrogations. On peut se satisfaire des progrès de la science qui devraenit permettre une meilleure vie aux souris mais il ne faut pas être hypocrite, sans ces petites bêtes que nous avons torturé, des progrès fondamentaux ont été faits…non?

    Aimé par 1 personne

    • Josplume 13 février 2018 / 18 h 29 min

      Absolument d’accord ! Et comme tu le dis il serait hypocrite de le nier : mon texte n’a pas d’autres intentions que celle de soulever le questionnement…;) Merci de ton commentaire Valérie !

      J’aime

    • Josplume 13 février 2018 / 18 h 35 min

      Hautement philosophique même ! 😉 En fait je ne voulais pas me cantonner à taper sur les « méchants » scientifiques qui tuent les « gentilles petites bêtes ». Cela me paraissait un peu facile de le faire alors que nous profitons tous au quotidien des résultats de leurs recherches. Même si on peut contester les conditions dans lesquelles certaines expériences ont été menées dans le passé on ne peut nier leur utilité. Mon interrogation finale soulève certes une vrai question mais se voulait aussi être une pointe d’humour… Donc philosophique…mais pas trop ! 😉
      Merci de ta visite Lucie !

      J’aime

  8. La plume et la page 14 février 2018 / 12 h 08 min

    C’est vrai, ces petites bêtes sont sûrement douées de raison, et à quel titre prenons-nous le droit de leur faire subir toutes ces expériences? J’aime les souris, elles sont toutes mimis.

    Aimé par 1 personne

    • Josplume 14 février 2018 / 18 h 49 min

      Elles sont toutes mimis et on leur doit beaucoup ! Merci de ton passage La plume et la page ! 😉

      J’aime

  9. janickmm 14 février 2018 / 13 h 42 min

    Effectivement notre inspiration est guidée par les recherches en laboratoires, et peut-être que ta dernière question aurait un petit éclairage à la lecture de cet article « l’incroyable vie post mortem d’Henrietta Lacks », à bientôt

    Aimé par 1 personne

    • Josplume 14 février 2018 / 18 h 52 min

      Ah je viens de surfer pour en savoir plus sur Henrietta Lacks ! Très intéressant et incroyable ! Du coup mon questionnement final a encore plus de sens ! Merci Janickmm de ta visite et de ton commentaire éclairé !

      J’aime

      • janickmm 15 février 2018 / 8 h 59 min

        De rien JosPlume cet article nous en apprend un peu plus, étonnant !

        Aimé par 1 personne

  10. thontine1 16 février 2018 / 19 h 51 min

    Bonsoir, en lisant ton texte j’ai immédiatement pensé à la « Souris oreille » qui m’avait à L époque fort impressionnée. A la fois du comment peut on faire un truc pareil et à la fois ah… Quelqu’un handicapé va avoir une oreille esthétique autre qu en plastique… Formidable ton texte qui invite à la réflexion. Merci

    Aimé par 1 personne

    • Josplume 18 février 2018 / 10 h 58 min

      C’est pour cela que le sujet est délicat… Par contre, cela n’empêche pas de réfléchir à la façon de faire toutes ces expériences. On peut peut-être faire en sorte de ne pas faire souffrir « au delà du nécessaire » ces petites bêtes de laboratoire. On fait bien piquer nos animaux de compagnie pour alléger leurs dernières souffrance. Mais bon encore une fois, c’est un sujet vaste et compliqué…Merci de ta visite Thontine !

      J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s