BRIC A BRAC CHEZ BRIC A BOOK

Ce texte est ma participation à l’atelier d’écriture n°235 du 10 Octobre 2016 sur Bric à Book

© Vincent Héquet

Dévastée, elle l’était au moins autant que la chambre dans laquelle elle se trouvait.
Quel désastre ! Tout était sens dessus dessous ! Un vrai bric-à-brac !

Elle regardait avec dégoût les affaires qu’il avait jetées pêle-mêle et sans délicatesse sur le lit qui ressemblait désormais à un champ de bataille. Il avait sorti du linge de l’armoire – elle ne comprenait pas pourquoi – et l’avait laissé sur la petite table située près de la fenêtre. SA petite table ! Celle à laquelle elle s’installait souvent et avec délice pour lire un bon livre ou déguster un thé, le regard perdu dans les branches feuillues des arbres du jardin… Celle-là même qui dorénavant avait perdu son allure douillette et accueillante.

Quel gâchis ! Tout était en désordre !
Elle n’avait pas mesuré l’ampleur des dégâts et si elle ne s’attendait pas à ce que son retour sur les lieux soit aisé, elle n’avait pas imaginé retrouver l’endroit dans cet état.
Il avait manifestement « pété les plombs » et au vu des raisons pour lesquelles il s’était mis dans cet état, c’était quand même un comble ! Car enfin, c’était bien elle qui l’avait surpris en plein ébat amoureux avec cette femme dont elle ne se rappelait même pas le visage !

Surpris, ils l’avaient été…et plutôt deux fois qu’une.
D’abord par son apparition soudaine : ils s’étaient redressés aussi rapidement qu’elle était entrée dans la pièce et avaient affiché, en la regardant bêtement, un air à la fois embarrassé, honteux et pour le moins stupide !
Ensuite, par sa réaction glaciale et silencieuse : elle avait juste ouvert la porte et s’était arrêtée net en découvrant leurs corps enlacés. Immobile, paralysée par la souffrance qu’elle avait éprouvée, elle avait été simultanément foudroyée par une énorme tristesse et envahie par une colère grandissante. Puis, sans un mot, elle avait fait demi-tour et était partie en refermant la porte derrière elle…sans même la faire claquer.

Cela faisait trois semaines maintenant, trois semaines qu’ils ne s’étaient pas revus. Ils avaient échangé des sms, elle pour lui annoncer que tout était fini, lui pour la supplier de revenir. Quand il avait enfin compris sa détermination, ils avaient convenu d’une date à laquelle elle reviendrait chercher ses affaires.

Et maintenant elle était là, découvrant cet endroit témoin des jours heureux mais aussi du pire moment de sa vie.
Elle hocha la tête d’un air désolé et considéra d’un regard circulaire l’état désastreux de la pièce symbole de son propre ravage. Qu’était-elle venue chercher là ? Elle ne voulait rien garder de ce passé à jamais gâché par son issue fatale.

Une dernière fois elle balaya la pièce de ses yeux humides. Puis elle fit volte-face et referma doucement la porte derrière elle, tournant le dos à son passé.

©Jos Gonçalves le 10 octobre 2016


 

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