CAUCHEMAR

Ce texte est ma participation à l’atelier d’écriture n°233 du 26 septembre 2016 sur Bric à Book

233-22 Sept 2016
© Leiloona Bric à Book

Plongé dans un abîme de terreur, le petit garçon évoluait dans le noir, les bras tendus devant lui,
tel un aveugle sans canne. Il voulait crier pour exprimer sa peur et son angoisse – pour les exorciser
peut-être aussi – mais aucun son ne sortait de sa gorge nouée. La poitrine comprimée dans l’étau de sa terreur, il ne parvenait pas à hurler sa rage et son refus de se retrouver dans cet endroit inconnu, hostile et glacial.

On l’avait pourtant prévenu : « Tu ne dois pas ouvrir cette porte. JAMAIS ! si tu désobéis, si tu en
franchis le seuil, tu errerassans cesse dans un dédale sombre et hanté par les spectres du château. »

A la fois attiré et apeuré par l’endroit et les êtres qu’il hébergeait, il passait souvent devant la porte, posait la main sur la poignée puis se ravisait, repoussant ainsi le moment où il enfreindrait l’interdiction de pénétrer dans ce lieu condamné.

Mais petit à petit, sa peur s’était amoindrie laissant la curiosité et le courage prendre le dessus et le convaincre d’ouvrir enfin la porte de ce monde interdit.
Comme il regrettait son audace ! Comme il la payait cher !

Ne distinguant que le bruit de son flux sanguin rythmé par les battements de son cœur, il progressait lentement dans le noir, désorienté et la peur au ventre.
Soudain il frôla quelque chose du bout des doigts. Il avança d’un pas hésitant et se retrouva face à un mur qu’il décida de longer à tâtons dans l’espoir de trouver une porte de salut…
Puis tout alla très vite. S’habituait-il à l’obscurité ou était-ce le fruit de son imagination ? Là, tout près, au ras du sol, il distingua un faible filet de lumière. Haletant, il accéléra le pas et sa main se heurta à une poignée. Pris de panique et mût par une urgence insurmontable, il ouvrit la porte et fut ébloui par la clarté de la pièce qui ressemblait à s’y méprendre à celles des châteaux illustrés dans ses livres d’enfant. Les murs en pierre, épais et couverts de toiles d’araignée, s’étaient effrités au fil des ans et avaient déposé au sol de la poussière et des gravats. La fenêtre d’où s’infiltraient les rayons du soleil aurait dû le rassurer, mais il sentait d’instinct que c’était un leurre et qu’il ne parviendrait pas à l’ouvrir.

Car il comprenait maintenant où il se trouvait. Il reconnaissait ce château qui l’avait terrifié la veille sur le petit écran. Il savait que jamais personne n’était sorti vivant de cet endroit maléfique et qu’il en était prisonnier pour toujours.

C’est alors qu’il sentit une pression sur son épaule. C’était une main ferme qui le secouait avec énergie, mais qui était douce et rassurante. Et cette main salvatrice ouvrait maintenant les volets de sa chambre, illuminant ainsi la pièce devenue familière et la remplissant d’une chaleur salutaire.

– Jean, mon petit Jean… Réveilles toi mon chéri, tu vas être en retard à l’école !

Qui d’autre qu’une maman peut sauver un petit garçon de ses pires cauchemars ?

©Jos Gonçalves le 26 septembre 2016


 

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