LE CADEAU DU CIEL

Ce texte est ma participation à l’atelier d’écriture n°225 du 20 juin 2016 sur Bric à Book

© Leiloona

Dès que les premières gouttes étaient tombées, la jeune femme était sortie sur sa terrasse pour y trouver un peu de fraîcheur. Mais alors que l’atmosphère étouffante commençait à peine à bénéficier des bienfaits de la pluie, le soleil apparu et dessina un arc en ciel sur les toits de Paris.
Subjuguée par le pont flottant qui lui était offert, elle sombra rapidement dans un état second. Les bruits de la ville s’estompèrent, ses paupières s’alourdirent et elle sentit son corps, devenu plus léger, ondoyer doucement et se diriger au pied de l’édifice céleste. Elle n’eut aucune envie de combattre l’apesanteur dans laquelle elle se trouvait et sans hésitation commença à gravir l’escalier qui la menait aux portes du ciel.

Mue par un besoin effréné, elle sut qu’elle devait saisir l’opportunité d’emprunter ce passage éphémère qui la conduirait, elle en avait la certitude, auprès de ces êtres chers aujourd’hui disparus.

Calmement, elle continua son ascension vers l’autre rive.

C’est alors qu’elle les vit et qu’elle s’arrêta. Ils se tenaient là, devant elle, main dans la main et le visage paisible. Ils avaient l’air serein. Elle se sentit envahie d’un immense bonheur en les voyant à nouveau réunis dans l’au-delà eux qui sur terre avaient été séparés par la mort.

Ils la virent à leur tour et leur regard fut ébloui par la tendresse et l’affection qu’ils lui portaient. Nul besoin de la parole, leur pensée suffisait et elle fut aussitôt enveloppé de cet amour qui se refléta dans ses yeux et qu’elle leur renvoya, décuplé.

Puis tranquillement mais dans un geste déterminé, la femme et l’homme levèrent chacun leur main libre dans un signe d’adieu. Leur regard intense et profond lui intimait tendrement de partir, de retourner dans ce monde auquel il n’avait plus accès. Elle les vit se retourner et pénétrer lentement dans le brouillard devenu plus épais au fur et à mesure de leur progression. Elle les regarda une dernière fois, peinée mais néanmoins soulagée de les savoir heureux.

Elle se retourna à son tour et refit en sens inverse le chemin qui lui avait permis un court instant d’accéder au monde de ses parents adorés.

Elle reprit conscience de son environnement Parisien en se retrouvant sur sa terrasse. Fugacement, elle vit l’arc en ciel se diluer et disparaître. Elle remercia la voûte céleste du plus beau cadeau qu’elle venait de lui faire.

©Jos Gonçalves le 20 juin 2016


 

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