LA SOURIS

Ce texte est ma participation (la première !) à l’atelier d’écriture n° 220 du 16 mai 2016 sur Bric à Book

220-12 Mai 2016

La souris se jeta d’abord sur tout ce qui pouvait se manger, ingurgitant les fruits, légumes et graines en abondance autour d’elle. C’était une sacrée aubaine qu’elle n’allait pas laisser passer !

Puis, réalisant que la nourriture réapparaissait au fur-et-à-mesure qu’elle l’engloutissait, elle se sentit rassurée et finit par ralentir le rythme. Elle grignota encore de-ci de-là et enfin repue, mit fin à son festin.

Intriguée par son environnement en constante évolution sous l’effet du pinceau de l’artiste, elle explora la toile qui prenait forme autour d’elle et dont elle faisait partie.
Elle balança son long museau de bas en haut et de droite à gauche mettant son flaire à contribution pour la guider dans son inspection. Réalisant ces brefs et rapides mouvements, elle put admirer de ses petits yeux ronds la création du peintre.

C’est alors qu’elle vit, scintillant et transparent, un tuyau qui l’intrigua. Il ne ressemblait en rien à tous ceux qu’elle avait déjà empruntés. Celui-ci était beau, propre, attirant et elle se sentit aussitôt magnétisée. Sans réfléchir, elle grimpa le mur à la vitesse vertigineuse dont les petits rongeurs sont capables.  Parvenue à l’embouchure du conduit, son instinct lui recommanda bien sûr de s’arrêter ; mais hormis le mouvement du pinceau et le bruit produit par le frottement de ses fibres rien ne mit ses sens en alerte. Sa prudence fut donc de courte durée et elle décida d’entrer dans l’étroit tunnel et d’aller plus loin dans ses investigations.

Elle fut aussitôt éblouie par une lumière blanche et intense qui la fit s’arrêter net. Ébahie, elle se sentit à la fois paralysée et attirée par cette clarté qu’elle savait bienfaisante. Elle hésita pourtant à continuer sa progression. Devait-elle avancer vers l’inconnu même s’il paraissait bienveillant ou faire demi-tour et retourner vers ce garde-manger constamment approvisionné ?

Le peintre ne lui laissa pas le choix et décida pour elle. Il éteignit la lumière en découpant sa toile.

©Jos Gonçalves le 16 mai 2016


A l’occasion du 500è anniversaire de la mort  Jérôme Bosch. c’est un atelier un peu particulier qui nous est proposé cette semaine, puisqu’il ne s’agit pas d’une photo mais d’un détail d’un tableau du peintre.

 

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