Les vœux d’Estelle

Et c’est parti pour le ZODIAC WRITING CHALLENGE de Juillet !
Ce mois-ci, les thèmes proposés étaient « Dévorer », « Sous une pluie d’étoiles filantes », « Vous avez rendez-vous ? », « Une île », « L’accident ».
J’ai choisi « Sous une pluie d’étoiles filantes »…
Bonne lecture !
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Pour la nuit des étoiles, Estelle s’était installée au fond du terrain, à l’orée de la peupleraie. Etendue sur son transat, elle avait emporté un plaid léger pour se protéger de la fraicheur qui s’invitait souvent dès le coucher du soleil. Elle avait bien fait. La température avait baissé au fur et à mesure que la nuit était tombée.
L’agitation humaine s’était enfin calmée, étouffant pour quelques heures les sons dont elle était la source. Coassements, battements d’ailes et pépiements, les avaient remplacés pour un temps.
Puis le silence avait envahi l’espace, ponctué par le bruissement délicat des feuilles animées par la brise.

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Une vie arrachée

Ce texte est ma participation à l’atelier n°330 du 8 juillet 2019 de Bric à Book

Tom regarda avec satisfaction le scooter qu’il trafiquait depuis plusieurs jours. L’engin était fin prêt. Après l’avoir « substitué à un veinard qui avait les moyens », Tom avait jugé bon de le rendre plus performant. Il ne s’était pas contenté de le débrider. Non ! Ça c’était pour les petits joueurs. Il avait fait mieux, il l’avait kiter. En modifiant la transmission et en changeant le pot d’échappement, le variateur et le filtre à air, il en avait fait un bolide. Il était maintenant certain de ne pas se faire prendre en pratiquant son sport favori : le vol à l’arraché.
Ne lui restait plus qu’à river la fausse plaque d’immatriculation. C’est ce qu’il fit avant d’enfourcher sa machine.

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Quand le virtuel devient réalité

Ce texte est ma participation à l’atelier n°329 du 1er juillet 2019 de Bric à Book
Monique s’apprête à partir passer le week-end chez des amis. La main sur la poignée de la porte, elle se retourne vers sa fille. Elle n’est pas tranquille. Pour la première fois, elle la laisse seule pendant deux jours à la maison.
– Tu es sûre de ne pas vouloir venir avec moi, Léa ? Ça te changerait les idées…
– Non, M’an ! J’peux vraiment pas là ! Je te rappelle que j’ai ma première épreuve du bac lundi !
– Oui, oui, je sais ! Mais promet moi de m’appeler s’il y a le moindre problème, Hein ! De toute façon, je te téléphone demain main… Bon. Allez ! Bisous ma chérie !
– Bisous M’an !
Mère et fille s’embrassent comme si elles se quittaient pour toujours. Puis la porte claque.
Monique monte dans sa voiture.
Léa se précipite dans sa chambre… et sur son portable.
Elle sourit à la photo qui apparait sur l’écran. Ses pouces s’activent sur le clavier.
– Ma mère vient de partir. YES !!!! Toujours ok pour se retrouver à la plage ? Dans 10 minutes, c’est bon ?
– Trop COOL ! J’arrive !!!
Enfin, ils vont se rencontrer ! Elle ne l’a jamais vu mais le connait si bien.
A travers leurs échanges sur le net, ils ont tissés des liens invisibles et indestructibles. Mélange de complicité, de confiance et même d’intimité. Cela dure depuis plusieurs semaines et malgré le caractère virtuel de leurs rapports, ils sont devenus très proches. D’un message par jour, ils sont passés à plusieurs dizaines. Ils rythment les journées de Léa. Ses nuits même…  La constance de ces rendez-vous – sa fidélité à lui en quelque sorte – la rassure. Elle ne peut plus s’en passer.
Ils sont faits l’un pour l’autre, elle en a la conviction. Agé d’un an de plus qu’elle, il a un petit frère, des parents divorcés et prépare un BTS. Il cherche quelqu’un avec qui partager les moments simples de la vie d’étudiants. Pas une petite amie d’un soir. Non ! Ça, ce n’est pas son genre !
C’est un gars bien ! Celui qu’il lui faut ! Elle en est sûre et rien ne pourra l’empêcher de vivre une histoire avec lui. Ni le Bac… Ni sa mère… Ni sa meilleure amie qui la serine avec ses conseils de prudence « Ça se trouve, derrière le visage angélique de la photo qu’il t’a envoyée, se cache un vieux pervers qui va te sauter dessus à la première occasion ».
Léa hausse les épaules, prend son sac de plage et vole dans les bras de celui qu’elle pense être son prince charmant.
Le lendemain, son corps sans vie fut retrouvé dans un canoé dérivant à quelques mètres du rivage.
© Jos Gonçalves le 1er juillet 2019

L’impossible recule toujours devant celui qui avance

Ce texte est ma participation à l’atelier n°327 du 3 juin 2019 de Bric à Book

© Edan Cohen

Elles étaient jumelles. C’était le jour de leur anniversaire. Chaque année l’épreuve leur paraissait plus difficile, plus longue et plus ténébreuse. Chaque année elles en ressortaient grandies et fières d’avoir surmonté leur peur.

Elles s’étaient arrêtées à la limite de la lumière, juste à l’entrée de la rue obscure. Cette fois le passage leur paraissait impossible à franchir. Etroit et bordé de hauts murs en pierre, sa gueule béante s’ouvrait sur une zone sombre et menaçante. Au bout, le cercle lumineux qu’elles devaient atteindre. Conscientes qu’il leur faudrait bientôt se séparer comme au premier jour, elles se tenaient la main. Le soleil les réchauffait encore, mais du serpent noir qui leur faisait face s’échappait le froid dans lequel elles devaient s’engouffrer.

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Derrière la porte

Cela fait maintenant cinq mois que j’écris dans le cadre du ZODIAC WRITING CHALLENGE qui propose d’écrire une nouvelle (de 3 000 signes espaces compris) en choisissant un des thèmes proposés chaque mois.
Les thèmes de mai sont « Le vent », « Le miroir », « Derrière la porte », « Le retour ».
J’ai choisi « Derrière la porte »…
Bonne lecture !
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« C’est la fin… Il n’y en a plus que pour quelques heures… »
Les mots du médecin l’avaient frappé en plein cœur et leur écho y résonnait encore. Résigné, il s’était installé au chevet de sa mère et lui avait pris la main.

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Ecrire à la main pour mieux lire

Un nouveau texte réalisé dans le cadre de ma formation chez Désir D’écrire.
Cette fois, il m’était demandé d’écrire un article (de 2400 signes maximum dont 45 pour le titre et 350 pour le chapeau) pour un quotidien généraliste à propos de l’apprentissage de la lecture chez les jeunes enfants et l’abandon de l’écriture dite « cursive » en faveur de la maîtrise du clavier dès le primaire.
Au-delà de la technique d’écriture journalistique qu’il m’a fallu adopter, j’ai dû faire beaucoup de recherches sur ce vaste sujet, Ô combien intéressant.
Bonne lecture !

Ecrire à la main pour mieux lire

A l’heure du tout numérique, l’écriture cursive bat des ailes. Les adeptes du clavier la juge complexe et trop lente ; les autres soulignent son rôle dans le développement cognitif de l’enfant et dans la maîtrise de la lecture. Son abandon suscite la controverse, vous l’avez compris. Mais au regard des expériences scientifiques menées sur le sujet, qu’en est-il vraiment ?

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Aberrations

Voici un exercice auquel je me suis prêtée en septembre 2018 dans le cadre de ma formation chez Désir D’écrire. La consigne était simple : rédigez un texte à partir d’un enregistrement de votre voix et relevez les caractéristiques de votre style.
Ce texte est donc un condensé de ma discussion avec une ancienne collègue, partie en reconversion pour devenir professeur des écoles.
Je précise qu’avant d’écrire ce petit article, j’ai vérifié certains points sur le web et auprès de personnes concernées par le sujet. Enfin, je tiens à ajouter que j’admire vraiment le travail des professeurs des écoles et des AVS et que ce texte ne les vise pas, mais a pour unique but de pointer ce que j’estime être des « aberrations » dans le système administratif.
Voilà ce que cela donne :

Aberrations

Il y a dans notre pays, des situations administratives pour le moins aberrantes !
Prenons le concours des professeurs des écoles. Le seuil d’admission diffère selon l’endroit où il est passé. Pour exemple : en 2017 la note du dernier candidat admis s’élevait à 8/20 dans l’académie de Versailles tandis que dans celle de Clermont-Ferrand elle était de 13/20. Lire la suite